Au nez: c'est une randonnée en forêt au printemps. On a la résine des conifères, la sève sucrée des feuillus, le parfum des fleurs qui s'éveillent.

En bouche: C'est la récompense à la fin du sentier; du sucre d'orge, de la poire caramel et un houblonnage à froid redoutable. Après toute cette marche, on mérite bien un bon cigare: « Ah, voilà justement un Montecristo qui traîne dans ma poche. Quelle étrange coïncidence, car c'est un accord parfait. » Je l'allume. Les ronds de fumée s'immobilisent un instant au-dessus de mon saint graal, béatifiant pour de bon ce liquide divin. Ma foi n'en est que plus forte à présent. Je m'incline en une prière:

«Je crois en toi malt québécois. Je m'excuse d'avoir douté si longtemps.»

Amen.

Alex Atman