Beyond The Pale: microbrasserie d'Ottawa, vers l'infini et bien au-delà encore...

Beyond The Pale: microbrasserie d'Ottawa, vers l'infini et bien au-delà encore...

par David & Alex Atman -

Par un samedi matin, comme on était à Gatineau pour un voyage épique à la recherche des galopins gatinois, on n'a pas pu s'empêcher de bifurquer à Ottawa pour aller goûter les bières de seigle légendaires de Beyond The Pale.

Le problème c'est que le cellulaire de David, qui fait office de GPS, a un gros problème d'attitude; y'arrête pas de se fermer pour un oui pis pour un non. Surtout pour un non si vous voulez mon avis. On sillonne à l'aveugle les rues de la capitale. C'est pas compliqué, on ratisse le secteur au peigne fin, on organise presque une battue comme si y'avait un cadavre caché dans une botte de foin. Bref, pour faire ça court, après 78 changements de directions, BOUM, on finit par atterrir au 5 Hamilton avenue, juste pour l'ouverture à midi.

-J'ai carrément un GPS dans le derrière, s'exclame Alex.

Visiblement, il rayonne. David lui répond:

-J'ai vraiment besoin d'une casquette.

Bravo pour ton écoute David. Très, très fort!

Bien au-delà du pâle

Y'a pas à dire, c'est une place originale. Le genre d'endroit où tu trouves ça normal d'ouvrir la porte pour un gars avec sa guitare qui a un chat sur l'épaule. Disons qu'on pourrait qualifier l'ambiance de hipster-grunge.

En main propre, z'avons nous-même une petite King Cogne en guise de calumet, question d'obtenir la faveur des z'anglais. À vrai dire, cette visite à peine impromptue est carrément motivée par la curiosité d'essayer une autre pale ale de seigle que la nôtre, et laissez-moi vous dire (spoiler alert) que la leur est foutrement magique.

Shane Clark, co-propriétaire, nous accueille comme un champion et nous fait faire le tour de la place. C'est petit. Très petit. Tellement, que la brasserie devra bientôt déménager dans un entrepôt non loin de là, mais en attendant, on occupe chaque petits espaces comme des Tokyotes (gens qui habitent Tokyo). Quand ton bureau est niché à travers des poches de grains, bin tu vis avec!

Le glycol, c'est pour les clowns

Le système de brassage est rikiki (400 litres) et il faut pelleter les drêches par le haut à la pelle. C'est pas l'idéal. Il faut brasser deux fois par jour pour répondre à la demande. 50% de la bière en fût pour les bars, 50% de vente sur place en cruchons d'un ou deux litres.

Leur système de refroidissement est le plus ingénieux que j'ai vu de ma vie.  Ils ont bricolé un système de tuyaux qui passent dans un congélo pour aller ensuite refroidir les cuves.

Deux fermenteurs en stainless, et une dizaine en plastique de 1000L, c'est du jamais vu, mais ça marche. Les gars savent ce qu'ils font. On nous explique que bien que plus abordables, les fermenteurs en plastique sont poreux et doivent être changés au huit mois.

les bières

Sur place on nous sert des petits galopins pour nous aider à choisir. On n'a pas goûté à tout non plus parce qu'on est pas des sauvages, mais on s'en est mis plein les poches pour la route. Alors voici notre appréciation:

Breaking Bitter, 5.2%, 32 ibu

Nez de céréale caramélisée qui se concrétise en bouche avec une finale sucrée qui s'allonge. Une bitter bien riche qui donne envie d'y aller à grand coup de pinte.

David se voit dans un pub écossais; il trépigne. 

Arrête de trépigner, David.

Rye Guy, 6.7%, 52 ibu

Euréka! Ce bonhomme de seigle ne camoufle pas ses atouts derrière du malt caramel. On laisse exprimer sa sécheresse et son côté poivré. D'une belle richesse, les arômes d'agrumes s'affirment en finale, mais ça demeure tout en équilibre.

Alex se dit que ça lui fait penser drôlement à une bière qu'il connaît bien. Sublime!

Imperial Super Guy, 9.1%, 90 ibu

Cette double IPA de seigle est dans la même lignée que son petit frère. Bien que légèrement plus caramélisée, ça demeure bien sec. Le seigle apporte son réconfort soyeux. Sa texture poivrée allonge l'amertume résineuse et florale à merveille. 

King Cogne a un nouveau copain pour aller boire un coup.

Pink fuzz, 6%, 20 ibu

Cette bière te catapulte des écorces et du véritables jus de pamplemousse plein la tronche. C'est un joyeux joyau de fraicheur d'une buvabilité infinie, et bien au-delà encore.

Avec des sashimis, c'est vraiment Isseki Nicho; ce qu'on appelle faire une bière deux coups.

Sur ce coup-là, vous pourrez pas dire qu'on vous a rien appris.

- David & Alex

Co-créateur de La Décapsule, ce méchant macaque est maniaque de grosses IPA américaines qu'il brasse d'ailleurs constamment dans son garage.