Cochon Cent Façons: charcuteries québécoises qui n'ont même pas de bon sens

par Alex Atman & David Atman -

Bonjour, 

En tant que frères, il nous arrive plus souvent qu'autrement de nous retrouver en collants dans le jardin, à croiser violemment des sabres de styromousse enrobés de duct-tape. Voyez-vous, Alex et moi ne sommes pas toujours en parfait accord envers nos choix de vie respectifs. Par exemple, David ne tolère pas qu'Alex prenne son bain la porte grande ouverte - source de plusieurs traumatismes - alors qu'Alex lui est royalement agacé par la façon dont David renifle tous les régimes de bananes avant d'en choisir un à l'épicerie.

Des fois, ça prend nul autre qu'un frère pour dire à l'autre que son attitude est inacceptable, et quoi de mieux qu'un brin de bagarre pour faire passer le message?

Sur ce coup-ci, croyez-le ou non, Alex était en pleine cure de cru. On venait de recevoir un top paquet bien viandu, et lui décidait d'entamer son marathon de jus de panais. Non mais quant à moi, c'est une sacrée chance que pendant la nuit, le couvercle de son Vitamix s'est volatilisé comme par magie. Et imaginez sa surprise quand il a découvert que tout son kombucha s'était muté en IPA! 

I got your back, bro. 

Pour nous, la bière fut ce premier dénominateur commun entre frangins, principalement parce qu'avec la bière vient habituellement la bidoche, et s'il y a une chose sur laquelle on est unanime, c'est que la charcuterie, c'est la vie. Quand c'est local, c'est doublement mieux. Et quand c'est de la qualité comme celle de Cochon Cent Façons, y'a pas à dire, c'est le pied.

Nous avons donc mis nos différences flagrantes de côté, et nous avons concentré nos efforts sur une dégustation carrément cochonne: un bloc de rillettes, de la tête fromagée, une terrine de campagne et du jambon fumé à l'ancienne. Tout est possible.

la rillette

Elle est soyeuse et la chair fond sous la dent de lait. On aurait pas pu faire mieux, mais ça nous empêchera pas d'essayer! Faut rêver, dans la vie.

la tête fromagée

Elle se présente sous ses allures jardinières. Ses arômes de girofle rappellent le ragout de boulette de grand-môman. Celle-là aussi, c'est un point commun. 

la terrine de campagne

Elle met son plus beau tablier persillé de lard, de grains de poivre et de morceaux de viande pour le vorace carnivore en nous, le tout bien assaisonné au vin.

On fait une belle équipe, tout de même. David avec sa perspicacité sans borne, et Alex avec ses ustensiles.

Qui est le Cochon Cent Façons?

Il est, lui aussi, issu d'une entreprise familiale. Ça vise le durable, et ça vise le rapprochement de la ferme à l'assiette. "Il nous importe de savoir d’où viennent nos aliments," assure-t-il. Nous y retrouvons une production "exempte de facteurs de croissance et de sous-produits animaux."

Bref, pas d'antibiotiques, d'hormones, et 25 semaines sur la ferme, nourrit au lait de sa mère. C'est en plein ce que l'on cherche.

Terminons donc avec notre péché mignon...

le jambon fumé à l'ancienne

Ce qui marque, c'est la texture. C'est pas gorgé d'eau, de saumure. Le jambon est à peine salé (caractéristique récalcitrante de tous ces beaux produits) et on sent bien la fumée qui a pénétré la chair délicate.

Un jambon parfait pour une raclette.

Attention. Pas une raclée, là. Faites pas comme les frères Atman. Suivez plutôt la recette.

Et vous, quelle bière sortiriez-vous du cellier pour déguster la chose?

Nous on a choisi la Célébrante Platine, parce que les terrines et le jambon, ça nous donne envie de faire la fête. Cette bière des Brasseurs du Monde aux levures de Champagne sent le bon pain frais et la paille. La texture est gouleyante et la finale sucrée-acide rappelle le cidre de glace. Les saveurs de pomme, de kiwi et de raisin blanc nous ont charmé en accord avec les pâtés. 

On vous l'jure.

- David & Alex