David Atman

Bière scadinavifique qui m'a jeté sur le cul

David Atman
Bière scadinavifique qui m'a jeté sur le cul

Sankofa
Épitaphe
Kveik IPA avec plein de houblons à 6%

Épitaphe Sankofa kveik ipa.jpg

L’anecdote

J'ai rêvé que je buvais Sankofa, fait qu'à soir je bois Sankofa.

Et quelque chose se passe. J'ai mal. J'ai mal car on m'a jeté su'l cul sans gueuler gare. J'ai la mâchoire su'l plancher de la grotte, bien empalée d'un stalagmite ataraxique. Ça fait très, très longtemps que je n'ai pas ressenti l'extase que me procure cette Kveik IPA.

Je n’ai aucune doute que le 6.79$ pour 473ml soit justifié. Y’a du houblon en masse là-dedans. Mais mettons c’est une gâterie que j’aimerais toujours avoir dans le frigo, mais qui ne le sera que parfois.

L’histoire

Epitaphe est une création de Jan-Philippe Barbeau, un chic mec qui a hautement contribué à la culture brassicole du Québec. Il brasse présentement chez Lagabière, et le projet ci-bas opère de ces mêmes installations.

À date, Epitaphe produit exclusivement des bières la levure Kveik.

Que veux donc dire Kveik? Qu’est-ce que ça implique niveau brassage et niveau goût?

Ah tiens! Ça tombe bien, y’a le bon bro Alex qui est là pour vous jaser un brin de ce qu’est cette drôle de bibite.

La levure Kveik est une levure scadinavifique!

Tout comme les Norvégiens, elle aime bien lambiner dans le sauna. Elle adore suer un bon coup et est à son meilleur au-dessus des 30 degrés. Contrairement aux souches américaines, anglaises ou belges qui produiront des phénols et des notes alcoolisées indésirables à de telles températures, celle-ci produira des arômes complexes de mangues, d’ananas et de fruits à noyaux: ce qui fera vraiment briller les houblons tropicaux. Vive la fermentation en saunas!

Merci, bon bro Alex!

La décapsule

Je n’ai encore pris qu’une poignée de gorgées et j’entends les clochettes du jackpot. J’y trouve tout ce que je cherche dans une bière.

Un peu de musc et de poussière qui ne demande qu’à r’imbiber, étancher à tout prix. À peine farineuse comme j’aime, puis ô combien fruitée. On plonge de la plustre haute branche dégoulinante de sève d’un arbre fruitier équatorial, jusque dans une brouette de barquettes de carottes fraiches du potager (celles qui s’emberlificotent les unes d’ins autres, tu sais).

Je suis toujours poli, mais la j’me lâche, parce que c’est phoquigne glorieux.

La bière précédente d’Épitaphe, Larkivite, m’avait plu, mais ne m’avait pas élevée comme celle-ci. La maitrise de cette nouvelle levure est à point. Y’a quelqu’un quelque part qui a tout compris.

C’est anormalement bon.

Et sachez que l’amertume y est. Un parterre de vert qui picote puis chauffe la langue, la gorge, et donne envie de récidiver au plustre sacrant. Je déconne pas. Peut-être fais-je une insolation, oubedon cette canisse me ment et cache un 12%. Ceci est un compliment.

Je goûte à de nombreuses nouvelles IPA qui s’avèrent aussi équilibrée qu’un funambule somnambule sans scrupule qui gesticule et déambule sur un fil minuscule, basculant en pendule en pleine canicule. Alors que celle-ci. Celle-ci brûle, mais pas la chandelle par les deux bouts, non… comme une torche olympique jonglée par un lémurien rayé avec un petit bandeau simple mais chic. Notre vaillant velu velouté est un primathlète en pleine possession de ses 20 doigts.

Sankofa. Elle me plait, elle me plait, elle me plait.

Malgré qu’elle ait passé quelque précieuses minutes de trop sous le soleil tapant de juin (car sachez que le soleil tue le houblon, et ce sur un moyen temps) elle est spectaculairement India Pâlée.

Il s’agit d’une des top bières que j’ai bues… non cette année mais depuis jour 1 de La Décapsule.

Maintenant, quoi bouffer avec ce truc?

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L’accord

J’ai dit non.

Tu la bois tuseul, tu barres ta porte, tu fermes tes rideaux, tu caches ton tel, tu retires ton linge.

Zéro distraction.

À savourer peinard dans sa tour d’ivoire.

La discussion

Co-créature de La Décapsule, ce malin macaque est fou de petites bitters anglaises qui se trinquent à la pinte.