Alex Atman

Comment je suis devenu une IPA

Alex Atman
Comment je suis devenu une IPA

«Je m’appelle Alex et je suis une IPA»

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ma Germination

Pour être honnête, je dois vous avouer que je suis devenu une bière avant même d’atteindre l’âge de la majorité. Ma rencontre avec la Fin du Monde fut pour moi une révélation. J’étais elle et elle était moi.

Puis il y a eu la St-Ambroise qui m’invitait plustre au sud à découvrir des pale ale et des IPA extraordinaires.

Me voilà curieux, tous les sens en éveil, constamment à la recherche de nouvelles sensations gustatives. Je ne discriminais aucun style et je m’émerveillais à chacune des histoires qui se trouvaient dans mon verre.

Je pouvais être une dubbel le jeudi, une bitter le vendredi, une tripel le samedi et un stout le dimanche. Tout m’allait comme un gant.

Mon empâtage

Tranquillement mes goûts s’affinaient et la grande majorité des bières dans lesquelles je pataugeais se limitaient à quelques styles favoris: bitter, tripel, quadrupel, pale ale américaine…

J’avais certes déjà à l’époque un penchant pour les bières résineuses avec une amertume franche, mais j’étais encore loin de me douter qu’un jour je deviendrais une IPA.

Ma fermentation

On peut dire que ça s’est fait sournoisement et un peu à mes dépens.

Le goût de l’amertume, c’est un peu comme avec les bières sûres et sauvages: ça se fait à petits pas, mais ça devient vite affolant, voir même incontrôlable; un peu comme une bande de macaques dans un jeu de quilles en forme de bananes. C’est chacun pour soi: singe qui peut…

Ma copine avait pourtant sonné l’alarme à mainte reprises…

«C’est bin amère ton affaire!»

«Coup donc! Peux-tu être autre chose qu’une IPA de temps en temps?»

Ces phrases devenaient de plustre en plustre familières, mais je faisais l’autruche. L’amertume tissait sa toile insidieusement. Les pale ale n’étaient plus suffisantes pour combler mes rages. Mon indice d’IBU devenait alarmant.

J’étais en train de m’houblonner à froid, je devenais un IPA…

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Ma maturation

Je pensais à tord que les choses s’arrangeraient avec le temps… Même si j’essayais de me raisonner, mon discours interne était contaminé. Comme brasseur maison, c’était la même histoire: mes lignes de fût ne crachaient que résine et IBU.

Les IPA étaient un standard, les Double IPA une habitude.

Pour être honnête, je dirais que les IPA domine ma personnalité, ce qui laisse très peu de place pour les autres styles que j’affectionne comme les bitter, sour, triple, brett, stout…

Mon embouteillage

Maintenant en bouteille et bien étiqueté, je ne peux plus nier:

Je suis une Double IPA de la côte ouest

J’ai eu ma phase Milkshake et NEIPA comme tout le monde, mais je rampe de retour aux sources.

Je m’aime plustre résineux que fruité, plustre floral que tropical, plustre amère que verdoyant.

Je veux que ça morde!

Je suis le houblon, je suis l’Oregon

En regardant mon fil d’actualité, je me rends compte que je ne suis pas le seul à être une IPA. J’aimerais parfois être plus simple, plustre amical, plustre varié, mais j’accepte mon goût pour l’amertume.

Parfois je suis une kolsh, parfois je suis une pils, mais la plupart du temps, je suis une IPA.

Êtes-vous itou une IPA?

Co-créateur de La Décapsule, ce méchant macaque est maniaque de grosses IPA américaines qu'il brasse d'ailleurs constamment dans son garage.