Bière qui hérisse les poils d'oreilles de tous les fructivores des airs

Bière qui hérisse les poils d'oreilles de tous les fructivores des airs

Nycteris
Microbrasserie Kruhnen
Blanche inusitée, 6.1%

Vous savez qu'on a une relation amour-amour avec Kruhnen. Alors quand ils sortent une nouvelle bière, on retient notre souffleuse, on pose nos pelles pis on attend sur le bout de notre luge qu'entre deux flocons, une brise plutôt poilue nous rappelle que des bourgeons, ça existe, pis probablement que ça se mange itou.

Au pire, c'est un top snack de chauve-souris, ces patentes là.

La petite histoire

Nycteris, c'est osé pour la brasserie. C'est une marginale. Une hermite. Une blanche atypique aux saveurs intrigantes, présentant à la fois un côté sombre et lumineux. De nature plutôt timide, voir nocturne, 6 mois de maturation en cuve en ont fait une bestiole qui n'avait qu'une hâte: de s'échapper pour nous éblouir la tronche.  

La décapsule

D'un beau jaune trouble, le blé est luminescent et apporte une fraicheur sur des arômes de résine citronnée.

Juste ce dont on avait besoin pour couper l'hiver en deux. Un jour, on crachera sur nos écharpes! On brûlera nos mitaines! Hui hui, on passera nos bottes au blender! Grâce à Nycteris, chérubine des cimes, on y croit.

Les saveurs de fleurs sauvages nous rappellent le dégel. On a aussi du fruit à noyau et de l'ananas. Ça sort du lot de par sa légèreté, comme un doux écho de sureau, un ultrason de carambole qui s'évanouit sur une amertume de pamplemousse rose.

On l'a bu froide, c'était trop bien. On l'a bu tiède, c'était magique. Crois-nous-crois-nous pas, Nycteris ça va t'osciller les ouïes.

Une très bonne bière pour l'apéro, ou assis dans un banc de neige en attendant que ça fonde pour de bon.

On vous laisse sur l'anecdote junglesque de David...

La finale fictive

En pleine jungle: sursaut! Le réveil effrayant d’une sieste beaucoup plus longue que prévue. La nuit est tombée sans vous demander votre avis. Après de longues heures de marche dans la mauvaise direction, vous n’êtes soudainement plus seul. L’arbre fruitier si invitant sous lequel vous vous êtes effondré... est à présent un être tordu et imposant, décelant une menace invisible. Il y a quelque chose dans l’air. Un battement sporadique autour des hautes branches. La nuit est d’encre et la pupille s’épuise en cherchant désespérément un point d’ancrage. Partout où il file, votre regard est troublé de taches d’or, empreintes résiduelles des pépites juteuses dont vous vous êtes régalé plus tôt. Vous les sentez toujours, ces étranges cosses aux cœurs tendres, enracinant la cervelle d’une saveur semblable au sureau, à l’ananas. Pourquoi en avoir autant croqué? Une mémoire quelque peu floutée vous voit au crépuscule, sauvagement vous empiffrer entre grognements gutturaux. Il était impossible de s’arrêter. Vous êtes tombé dans le piège, le jardin d’une bestiole qui au beau milieu des grappes, vous fixe de ses yeux jaune paille. Deux yeux, à l’envers.

Co-créateur de La Décapsule, ce méchant macaque est maniaque de grosses IPA américaines qu'il brasse d'ailleurs constamment dans son garage.