5 à 7 raisons de Boire Local à La Prohibition: bar à bière

par les frères Atman -

Le vendredi soir du banlieusard!

  • Y'a 10 ans, les rive-nordiens devaient se taper un pont ou deux pour sortir à Montréal.
  • Y'a 5 ans, les rive-nordiens n'avaient qu'à se taper un bout d'autoroute pour sortir au Centropolis.
  • Depuis deux ans, les rive-nordiens n'ont qu'à prendre le vélo jusqu'à Ste-Thérèse pour s'abreuver comme il se doit.

En tant que fabrevillegois, c'est comme notre porte à côté. On compte dans notre historique fraternel une douzaine de 5 à 7, ou de 4 à 8, ou de 3 à 9 dans ce coin du monde. 

Lorsqu'on entraine notre bande de joyeux lurons - cette fanfare de longue date venant de tous bords, tous milieux - on se retrouve à coup sur à la Prohibition. Parfois, c'est pour un simple accord galopin-pogo. Parfois, c'est pour un véritable show de bière. Fallait bien qu'on vous révèle notre secret ammanné!

Raison #7 - l'ambiance de chalet

Quand on entre par cette facade de portes de garage grandes ouvertes - on est enrobé d'un bon vieux feeling. Desuite, notre tension baisse comme un remonte-pente tout mêlé. Les cadres d'époque, les murs lambrissés et les ampoules industrielles nous transportent à l'époque prohibitionniste, avec la fumée en moins et l'alcool en plustre.

Debouts ou juchés sur leurs tabourets, accotés à de hautes tables, les étrangers qui s'y entremêlent peuvent jaser au même niveau. Parce qu'ici, on s'entend parler.

Bien installé au bar, on remarque Môsieur Julien Pilon, proprio du spot. Il sirote sa Irish Red Ale de Brasseurs du Monde avec un air penseur. On lui pique une petite jasette:

"Heille bro," qu'on lui lance. "Qu'est-ce qui se passe?"

Il nous serre la pincette et nous urge de tester la Session IPA à 3% des Trois Mousquetaires (que nous avons depuis vidée, désolé). 

Raison #6 - la crowd de feu

Une demi-pinte plustre tard, on en oublie la notion du temps. Il doit y avoir quelque chose dans l'air, ou dans la bière, mais loin de nous la mélancolie. On voit des bananes éclairer les tronches environnantes. Tout le monde a l'air de s'amuser. D'ailleurs Julien s'empare de deux bourgueurs pour un portrait spontané, s'exclamant:

“Tu veux tu des oreilles de makak, toi là?” 

Hui, Julien. La réponse est toujours hui.

Dans les parages, y'a des étudiants comme y'a des profs, des fonctionnaires, des gars d'entrepôts et un couple d'amoureux en short-shorts qui se défient à coups de shooters. On parle d'une faune variée de collégiens, de cols bleus, de cols blancs, de colosses, et de colibris. C'est la cravate qui coexiste avec la botte boueuse de construction. Julien nous explique l'idée de ce bar pas barbare - lui qui adore l'aspect festif:

“Les soirs où c’est bien plein, ça cogne sur les tables... On s'assoie avec des étrangers et tout le monde parle, tout le monde boit, tout le monde a du fun à refaire le monde autour d’un bon pichet. C’est ça que j’avais en tête quand on a ouvert ici. C’est ça que j’ai dit à mes partners."

Raison #5 - la bière d'ici

Parce qu'avec une centaine de bouteilles à la carte et 25 lignes de fûts dont la plupart sont permanentes, ça roule et ça revole.

“Des fois y’a du monde qui rentre ici qui nous demandent si on sert de la Coors. On répond que non et puis BAM! On les emmène dans d’autres territoires assez rapidement,” raconte Julien.

On aime bien quand Julien nous raconte des trucs. Pendant que David prend des notes, Alex commande une Sang D'Encre à l'azote de Trou du Diable, et une TPA de Kruhnen pour gâter son frangin. 

Vous connaissez peut-être notre amour sans borne pour cette bête des plus originales. Suffit de demander au serveur ou à la serveuse de vous tirer une draft de Transylvania Pale Ale. C'est le tap avec les cornes de chevreuil, juste à côté des fûts d'Unibroue.

Il faut dire qu'un des tours de force du tableau (et le gros vendeur chez les jeunes), c'est la Fin du Monde en fût. Se commander un pichet de Maudite, c'est pas un rêve ça? On n'a pas encore osé, mais ça nous fait fantasmer pas mal et vous pouvez être sûr qu'on va bientôt immortaliser le moment. Ça fait partie de notre bockette list.

D'après nos souvenirs, à l'automne dernier y'en avait même certains qui s'enfilaient des pintes de Résolution! À ce sujet, on aimerait juste dire une chose:

On approuve pas ça Patrick!

Il n'est pas rare d'apercevoir des choses pas banales comme ces deux vaillants gaillards qui s'enfilent en douce un 2 pour 1 de Wee Heavy du Castor. Ça semble surréel, mais c'est légal et foutrement amusant.

Sinon, y'a toujours le sympathique fût invité. L'autre jour, c'était la Brett Saison de LTM qu'on s'est envoyé derrière la cravate sur la terrasse. 

Ça on approuve par contre!

Raison #4 - la croute à casser

Suffit de choisir ton camp: #teamketchup ou #teammoutarde, et t'es en route pour le pays nostalgique des saucisses en pâte. Comment ne pas sourire en recevant un seau de mini-pogos? C'est toute notre enfance qui refait surface.

Mais comme c'est ouvert dès 11h00 et qu'on y est déjà, la trilogie de mini-effilochés de porc avec fromage P'tit Baveux bien coulant sur pain brioché, ça le fait. Hui, nous confirmons que ça le fait en saint-tipoil.

Raison #3 - le spow

On est loin du bar sportif, car les télé sont camouflées. Rien n'y parait, mais quand vient l'heure de l'hymne national, les écrans émergent et les assoiffés retirent chapeau et casquettes et lève leur pinte pour Ginette.

Respect pour Ginette!

Raison #2 - le quartier

Le Vieux Sainte-Thérèse se revitalise et vaut désormais le détour.

Les façades des boutiques sont retapées peu à peu et de jolies petits commerces ouvrent leur porte. Pour un amateur de bière y'a de quoi trouver son compte. Sur la rue Turgeon d'abord, un arrêt s'impose au Saint-Graal ou la réputation des bières brassées sur place n'est plus à faire, puis en marchant vers la Prohibition on s'engouffre un cupcake de macaque choco-banane chez Mille et un cupcake.

Obligatoirement, faut aller aux Marchands de Bières pour rafler des brassins d'exceptions et produits du terroir. Dès que vous serez capables d'en sortir (si vous n'êtes pas retenue dans l'arrière boutique contre votre gré), vous bifurquez sur la rue Blainville ouest et vous rejoignez La Prohibition pour vous poser un peu. Soit dit en passant, Charléric Gionet des Marchands de Bières et Julien Pilon de la Prohibition ont créé le regroupement des entreprises de Ste-Thérèse.

“On travaille fort pour faire du village de Ste-Thérèse une destination qui sort de l’ordinaire, comparativement aux centre commerciaux, aux méga places partout sur la Rive Nord.”

En guise de projet immédiat, la rue Blainville sera pour la première fois fermée pour la Saint-Jean-Baptiste, et quatre samedis du mois d'août pour y accueillir des activités familiales et spectacles.

Raison #1

À toi de jouer l'ami! Quelle est ta raison pour aller boire à la Prohibition bar à bière?

- David & Alex