David Atman

Bière à la camerise cramoisie pas moisie que voici qu’on a choisie par courtoisie

David Atman
Bière à la camerise cramoisie pas moisie que voici qu’on a choisie par courtoisie

Berliner Weisse Camerise & Herbes Boréales
Riverbend
Berliner Weisse à 5,6%

Riverbend Berliner Weisse Camerise

L’anecdote

Faut dire qu’on dormait au gaz sur ce coup-là… On a mis cette canette au frigo 12 mois plustre tôt. On l’a même déménagé de Verdun à Hochelaga.

Finalement, c’est pendant le rérélisse 2019 (rerelease 2019), on y a finalement goûté. Rassurez-vous donc qu’elle est de retour sur les tablettes!

On aime ce que fait Riverbend.

On aime leur baptisante Gose aux algues, on aime leur hennissante IPA 100% Brett.

Ils font du stock osé qui donne de quoi causer, et la jasette autour de ladite canette a tendance à graviter vers le fruit en vedette.

 
 

Camerise 101

Commençons par la nomenclature, car il s’avère que la camerise ait quelques coquets sobriquets.

On l’appelle chèvrefeuille comestible, blue honeysuckle, sweet berry honeysuckle, swamp fly honeysuckle, honeyberry, Lonicera caerulae.

Au Japon, on l’appelle “baie de longue vie”.

Ça se prononce Haskap, oubedon haskappu, hascap, hascup, puis toujours en criant très fort. Ou pas.

Bienfaits pour toi!

Je sais, je sais, chaque semaine le Châtelaine nous pond une nouvelle baie miracle, mais sans exagérer, la camerise serait parmi les petits-fruits contenant le plustre d’antioxidants.

Ça se récolte au tout début de l’été, mais faut dire que l’arbuste en soi est coriace en titi. Il peut toffer jusqu’à -47°C sans chigner.

Pour tout te dire, la camerise hybride, telle qu’on la boit présentement, a été implantée au Québec en 2007 suite à un projet carrément frankenberry entre une docteure de l’Oregon et un docteur de la Saskatchewan… et ce à partir de spécimens provenant du Japon puis de la Russie.

Parce que sinon, ça vit naturellement dans le Nord, mais bonne chance pour tomber par hasard sur une plate-bande, puis on te souhaite d’avoir un ziploc avec toi. C’est rare pas y’ink un peu.

Mais juste au cas où tu débarques dans la cour arrière du bon bro Alex (qui en fait pousser à Laval) et qu’il te vient une petite fringale, on va te dire ça ressemble à quoi.

C’est comme des gros bleuets-missiles ovales d’un pourpre mystique.

Enfarge-toi pas dans le buisson, là!

La décapsule

Une fois enfin ouverte, libérée tel le génie dans la lampe. Elle a dès lors, sans l’ombre d’un prout, exaucé notre soif.

Abracad’haskap!

Y’a des bières aux fruits qui goûtent même pas un peu les fruits. Y’en a sans fruit qui goûtent vraiment le fruit. Puis y’en a qui en contiennent puis en regorge, qui rebondissent et virevoltent. Font des galipettes de macaques japonettes en salopettes.

Bleuet, oui, fraise, check. Framboise, check. Cassis, à fond les ballons.

Pour ce qui est des épices, on ne pourrait pas vous dire. De un, il s’agit d’un millésime 2018, donc elles ont peut-être pris le bord au fil du temps. Ou peut-être dans leur effacement font-elles exactement ce qu’elles sont supposées faire: équilibrer le sucre et l’amertume.

Mais cette odeur de popsicle, de jus glacé. Des méchants gros tannins qui tapissent la langue. C’est un méchant smoothie d’une texture profonde et velouté. Cette bière est non-filtrée puis c’est tant mieux. C’est un riche coulis. C’est un buisson bien rempli.

Quant à l’acidité, elle se fait toute discrète, juste assez tart pour s’en têter un brin la langue.

Fait saillant: les camerises utilisées dans cette bières ont été cueillies à la main (c’est pas rien) aux Vergers Bicolores à Saint-Ambroise, puis accompagnées d’une infusion d’épices de Camerises Mistouk.

Co-créature de La Décapsule, ce malin macaque est fou de petites bitters anglaises qui se trinquent à la pinte.