Laurie Pani Cavala

SIAL 2016: Patchwork & ode à la bouffe

Laurie Pani Cavala
SIAL 2016: Patchwork & ode à la bouffe

mercredi 13 avril, par Laurie Fossat ::

Je rentre tout juste de la première journée du Salon International de l’Alimentation de Montréal (#SIALMTL2016) et durant tout le trajet, je pensais à toutes les choses que j’avais envie de partager en me disant qu’une publication Facebook ne suffirait certainement pas. J’ai eu le privilège de participer à cet événement d’envergure depuis 10h ce matin jusqu’à un cocktail ce soir et j’en sors avec un gros patchwork d’émotions.

La passion pour l’alimentation (incluant les boissons alcooliques, ou pas) peut se vivre de bien des manières. De mon côté, par exemple, je ne cuisine pas. Cela m’angoisse et, lors d’une soirée, je préfère être assignée à la vaisselle. Pourtant, j’aime la bouffe. Tellement. Ma famille a toujours beaucoup ri devant les quantités que je mangeais et en visionnant le type de photos que je partageais sur les médias sociaux. J’ai toujours été une bonne vivante et ai bénéficié des fruits et légumes du jardin familial ainsi que du vin rouge et de l’huile d’olive maison. Puis un beau jour, cet amour de goûter, d’aller au restaurant, de faire des découvertes et de déguster des gros plats de toutes sortes, est devenu aussi une composante de ma vie professionnelle. Dans le cadre de mon emploi dans une agence de relations publiques, j’ai été amenée à faire plus de deux ans d’impartition à temps plein chez un grand détaillant alimentaire. Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’allais travailler dans une telle entreprise et pourtant, m’y voilà.  Côtoyer de véritables amoureux de bouffe, faire des découvertes chaque jour, en apprendre sur l’industrie, gérer des enjeux, contribuer à la mise en place de grandes décisions d’entreprises qui influenceront les assiettes de milliers de Québécois, est devenu un dada quotidien. Ma lubie alimentaire a pris une autre dimension. 

On l’entend souvent, l’alimentation est immuable : on a besoin de manger chaque jour. Cependant, on ne se rend pas toujours compte du volet humain derrière chaque emballage. Je parle autant de la méga-entreprise que du petit producteur qui démarre ou de la fille qui reprend le commerce fructueux de son père en passant par le courtier qui gère les relations fournisseurs/détaillants, un passé de chef de restaurant en poche et une passion vivace perceptible dans son discours et dans ses yeux. Au-delà des produits, j’ai rencontré d'incroyables personnes. Grâce à ces personnes, j’ai redécouvert des produits avec un regard nouveau. 

Quand tu travailles dans le détail alimentaire, tu ne fais plus ton épicerie de la même façon. Tu ne regardes plus les rayons avec la même naÏveté ou, au contraire, avec le même instinct révolutionnaire contre la société de consommation. Mais tu aimes ça au point d'en devenir un peu ridicule ou pénible pour celui ou celle qui t’accompagne.

Ainsi, aujourd’hui, avec une bande de visages que j’apprécie beaucoup, j’ai foulé de long en large la salle 513 du Palais des Congrès. J’ai parlé avec un broker pour de multiples produits d’entrepreneurs québécois parmi lesquels les fameux saucissons PorkShop, les géniaux Tommy Gosselin et Frédéric Daoust étaient d’ailleurs présents.

J’ai eu une présentation du Salon par son directeur général, Xavier Ponçin. J’ai eu une explication personnalisée de la part de représentants ou propriétaires de trois entreprises sur l’espace Aliments du Québec avec de belles histoires familiales et d’innovation : les farines et grains La Milanaise, La Ferme des Voltigeurs et ses poulets de grain et biologiques ainsi que l’unique huile de caméline Et Voilà! J’ai dégusté de nombreux produits d’ici et de là-bas. Des fromages à foison d’Espagne, d’Angleterre et du Québec dont un ibérique aux trois laits - brebis, chèvre, vache - m’ayant particulièrement marquée avec son léger goût de polenta ainsi qu’un cheddar vieilli (Wyke Farms). Du saumon sous toutes ses formes, notamment le tartare et le tataki (Grizzly). Du café qui sauve les orang-outans (Mystique/Toi, Moi & Café) avec un champion de Coffee Art en démonstration. De croustillants samosas aux légumes (Chef Bombay). De fameux sorbets emprisonnés dans du chocolat noir (Essence). Un étrange jus thaïlandais un soupçon gélatineux (la demoiselle Praipatrakul a voulu me faire un prix de gros au bout de 30 secondes malgré que je lui ai répété deux fois «  i am a public relations specialist, I am not responsible for buying products in the company! ». Un beurre de pinottes des États-Unis, biologique et avec une twist banane ou framboise ou choco (PB Crave).

Des macarons à la purée de fruits (Point G). Un incroyable abricot séché 2 semaines sous le soleil de Syrie. J’ai d’ailleurs reçu une confiture de rose et un échantillon d’huile d’olive du même pays dont cette dernière est destinée avant tout au hummus (très hâte de goûter). Il y avait également une étonnante confiture d’aubergines n’ayant aucun rapport avec du caviar que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer (tout cela par JUDI Mountain). Un produit laitier entre le yogourt grec et le cream cheese en bien moins gras (Elite Dairy). Une pâte à pizza confectionnée en Italie et importée congelée, très similaire à celle de mes pizzas françaises favorites (La Pizza d’Italia). Un tonique artisanal concentré (Jack’s Tonique). Pi d’autres trucs. Comme croiser un cher expert en bière au détour du stand des innovations 2016 (Philippe Wouters), des emballages de fou pour conserver des viandes deux fois plus longtemps. Des présentoirs magnifiques qui nous donneront le goût d’acheter encore davantage de produits frais (Chagall Design). Le merveilleux organisme La Tablée des Chefs qui cuisinait les restes alimentaires au bénéfice de Moisson Montréal.

Le SIAL est un événement de grande envergure en matière d’alimentation. Il est même LA référence, le premier et le plus gros salon SIAL étant néanmoins à Paris. Près de 50 pays y sont représentés et tout ce beau monde est à Montréal. J’assistais aux discours d’ouverture à 14 h et comme chaque interlocuteur, le Ministre Pierre Paradis parlait de Montréal, cette ville cosmopolite et gastronomique. Cette ville où il y a le plus grand nombre de restaurants par habitant en Amérique du Nord, cette ville multiculturelle que j’affectionne tant.

Dans ce salon, manger local, c’est un peu partout. Manger local, c’est être dans la zone Maroc, Sri Lanka, Brésil, Hongrie ou USA (le pays à l’honneur cette année) et voyager à travers les professionnels de ces pays qui parlent de leurs produits en espérant que quelqu’un les importera ici (une jeune femme québécoise mefaisait goûter des sweets du Pakistan et servait de représentante aux 5 hommes ne sachant pas parler un mot de français, voire d’anglais). C’est écouter d’une oreille discrète des entreprises québécoises promouvoir leurs spécificités en espérant être distribuées plus largement, ici ou ailleurs. 

Photo credit: SIAL

Photo credit: SIAL

Je crois que j'ai terminé. Cet article avait pour unique objectif de partager avec vous de manière maladroite le plaisir que j’ai eu le 13 avril 2016. Un plaisir que nous devons tous expérimenter et continuer à enrichir grâce à des découvertes d’ici et d’ailleurs tout en gardant en tête la notion de consommation responsable. Bien manger, ce n’est pas forcément dispendieux et c’est vraiment, vraiment chouette, tsé.

À bientôt, les galopins!

Laurie

Complice à La Décapsule, cette gourmande française est fan de bière bien maltée et capote sur les fromages du Québec.